Désaccords de Charlottetown

Allo. C’est l’automne. Ça sent les feuilles mortes. Fait plussssse froid. Lulu content. Ça occupe de parler météo. Faque EXIT l’été qui n’a jamais commencé qui ne finissait plus de finir. Ba-baille.

Comme vous savez, je ne cherche pas nécessairement à rencontrer, mais je ne suis jamais fermé. Si je suis dans le bon mood, entouré des bonnes personnes et que je rencontre un dude intéressant, je ne vais certainement pas lui dire non. Genre JAMAIS d’la vie. Parce que j’aime rencontrer, quand c’est l’fun. Je l’admets cependant, ce n’est pas souvent l’fun. Ça finit toujours par tourner au vinaigre pour x y raisons. Lui, moi, Trump, le référendum catalan, Keystone XL, l’ouragan Jose. Tout est une bonne raison pour que ça s’essouffle at some point. Qu’à cela ne tienne, je garde espoir en la race humaine et en ses capacités d’aimer et de recevoir en retour.

Puis, après quelques semaines de réflexion, j’ai décidé de retirer quelques personnes de ma liste « d’amis » Facebook. Je ne l’avais pas fait depuis un certain temps, préférant les ‘hider’ plutôt que de les supprimer. Je trouvais ça moins bébé. Sauf que là, suivant l’attitude étrange et compliquée de certains, j’ai pris sur moi d’élaguer. J’ai donc supprimé du monde qui ont déjà été fins, avec qui j’ai joliment communiqué, qui m’ont déjà fait des avances ou avec qui je suis passé à la casserole et qui, pour aucune raison apparente, ont arrêté d’être fins et on perdu le minimum de savoir vivre nécessaire en société. Donc, nous en conviendrons, ce n’est pas une grosse perte.

Reste que c’est bin plate d’en arriver là.

Si au moins le monde se parlait.

Ajoutez à tout ça spécimen #2 qui m’a relancé régulièrement sans que ça aboutisse, spécimen #3 qui m’a avoué à notre première date fréquenter quelqu’un avec qui ça « ne va nulle part », qui m’a répété à tous vents qu’il voulait ABSOLUMENT me revoir, mais qui n’a juste fait rien et spécimen #4 qui apparaît et disparaît au gré de ses émotions. Du bin bon monde, je vous dis pas.

Malgré les efforts colossaux mis en branle dans mon cerveau pour éviter des débordements émotifs (étonnamment, ça fonctionne assez bien), il n’en demeure pas moins que ce sont des manifestations de rejet sans trop d’équivoque. Du gros rejet sale, maladroit, insensible et parfois (inconsciemment, espérons-le) méchant. Ça me fait réaliser que le monde est pas toujours fin, je trouve. Souvent même. Surtout quand il y a de l’intérêt sincère d’un côté ou l’autre. Pis c’est tellement pas nécessaire.

Le diable est dans les détails.

Spécimen #2 m’a relancé pas plus tard que vendredi vers 14h30 pour me dire qu’il avait envie de me revoir et qu’il avait pensé à moi la veille en jouant avec ses attributs. C’était flatteur, je trouve. Surpris de recevoir un texto de sa part et intéressé à le revoir, j’ai acquiescé à ce qu’on se voit le soir même. Il a conclu (chose rare chez lui) : « Let me sort some stuff out and get back to you« . J’ai rien demandé, tsé. Il propose, j’ai envie, je dis oui. Sans trop attendre, j’ai un peu attendu, puis, vers 18h30, j’ai rejoint des amis pour souper quite à les ditcher plus tard pour le retrouver. Vers 21h30 je reçois : « So. I was waiting for you thinking you were going to say come. Then, I realized you’re waiting for me. I’m sorry. » Mkay. C’est peut-être vrai. Peut-être pas. C’est à la fois gentil et niaiseux. Toujours est-il que j’ai fini par dire : « text me later ». Et depuis, rien. Eeeeeeeerien. Ça commencer à ressembler à un pas pire trou d’cul.

Ça l’air que c’est d’même que ça marche en 2017.

D’ailleurs, spécimen #3, après une semaine de silence, m’a aussi relancé vendredi pour me dire qu’il avait été super occupé, que ce n’était pas une excuse, mais qu’il voulait vraiment VRAIMENT revoir ma handsome face. À ce stade-ci, vous aurez peut-être compris que, ces temps-ci, je date dans le rest of Canada (ROC). Je réponds alors que c’est bien de préciser le tout parce que ce n’est pas toujours super clair. Breeeeeeef, il m’a réitéré son intérêt, répété qu’il voyait quelqu’un, que ça n’allait nulle part, MAIS, fait nouveau, qu’il ne pouvait pas le laisser. Tiens donc. De retour dans la petite poche d’en arrière au cas où ça marche pas avec le premier. T’es intéressant, mais pas autant que l’autre. Pas pour l’instant. Beurk. Sa conclusion : question de timing. Well. Comment dire? Question de choix, je dirais.

Je n’ai rien demandé. À personne. Mis à part faire part de mon intérêt quand il y en a un, je ne leur demande pas de me relancer, de me dire des belles affaires, de me regarder comme si j’étais la plus belle affaire sur Terre, de me faire miroiter de beaux moments en leur compagnie. JE. NE. DEMANDE. RIEN. En fait oui, je demande plus d’honnêteté et moins de niaisage. C’tu possible?

Je finis toujours par me demander si c’est pas moi le problème. Sans doute parfois. Je constate qu’il m’arrive de faire de mauvais choix. Naturellement, je choisis un peu le gars troublé. Et un peu comme tout l’monde, je trouve ça moins attirant, les ceuzes facile d’accès. Considérons que c’est une partie du problème. Mais je persiste à croire que ça existe du monde un peu fucké ET fréquentable. Je crois en être un, doit bin y en avoir d’autre!

Toujours est-il que ça m’a un peu ébranlé, tout ça. Ébranlé au point d’avoir envie d’envoyer un gros FUCK YOU à spéciment #2. Assez pour avoir envie de m’enfermer jusqu’au printemps prochain. Mais finalement, j’ai réussi à canaliser toute la colère générée par ces deux défections. J’ai surtout vidé la question avec mon associée et en déjeunant avec môman. Deux personnes qui sont toujours de bonne écoute et qui ne sont pas systématiquement de mon bord. J’ai décidé de ne rien faire. Ne pas relancer, ne pas invectiver, ne pas faire la morale. Rien. Ils ont leurs raisons, elles sont peut-être bonnes, je ne les connais pas, ni leur vie, ni leurs envies, ni leurs problèmes. Donc, je ne fais rien.

J’ai fait ce que j’avais à faire et j’ai dit ce que j’avais à dire quand ça comptait. Je leur ai dit que je n’avais pas envie de jouer la carte du hard to get. Je ne le suis pas tant que ça. Et ça ne sert à rien de vouloir contrôler l’agenda. Anyway, aussi rusé que je puisse être, c’est impossible. Tout ce que je peux faire, c’est 1) garder une présence tranquille, saine, être cute quand c’est nécessaire et entrer quand les portes s’ouvrent ou 2) m’en aller dans la direction opposée et ouvrir les yeux sur autre chose. Quand un babe disparaît, un autre babe apparaît, qu’on m’a dit.

Faque j’ai fini ça samedi soir après une longue sieste d’automne, calme, joyeux et confiant entouré d’amis de qualité dans une soirée d’anniversaire.

Pis là, samedi, 22h38, spécimen #2 : « Can I take you for brunch tomorrow« . DOUX. JÉSUS. NO. FUCKING. WAY. FUCK. YOU.

(j’y suis allé)
(niaiseuse)

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Vole, papillon

Il y a quelques semaines, j’ai été passif-agressif dans un texto. J’écrivais à un gars qui me plaisait et qui, je le croyais à ce moment-là, s’intéressait à moi aussi, minimalement. Je me trouvais comique, mais je savais que c’était border. Rendu là, c’est généralement signe que la personne ou la situation m’importe. Ou me gosse, c’est selon. Mais c’est jamais bon de faire ça. Ça donne rarement un bon résultat. Bref, je l’ai fait quand même. Moitié sérieux, moitié funné.

Ça dit : « Alors que la soumission est perçue comme inacceptable, l’autonomie – son opposé – est source d’anxiété. La personne est donc dans l’impasse : elle ne veut ni se soumettre, ni s’émanciper. Ainsi la résistance indirecte devient la voie de contournement, la moins pire des solutions. ». Intéressant.

Je note.

J’ai établi (scientifiquement pis tute) que pour trouver un dude stimulant, ça en prend 8 qui frenchent mal, qui baisent mal, que t’aurais préféré ne pas ramener chez toi, ne pas rencontrer finalement, qui sont inintéressants, ennuyants, pas drôles, pas mon genre. C’est beaucoup de monde à dater. Beaucoup de moments dull à passer.

Pis l’hiver dernier, j’ai eu le dating en horreur. Je ne datais pas. Je me tenais loin de tout ce qui avait une bite susceptible de bouleverser mon quotidien. Je n’avais pas d’énergie, pas d’intérêt, pas de temps. L’été arrivé, ça s’est amélioré et j’ai recommencé à butiner avec la confiance du conquérant. Et de tous ceux qui sont passés à l’interrogatoire, deux ont vraiment attiré mon attention.

Spécimen #1 : Juin. On s’est vu trois fois. C’était toujours agréable, drôle, sexy pis tute. Le vendredi – tous les vendredis – je cessais d’exister pour lui jusqu’au lundi matin. Genre, zéro nouvelle jamais. Pis notre dernière rencontre était akward. Son textage intempestif au cinéma a sonné une deuxième cloche. Faque je lui ai posé la question : « ça s’en va tu quelque part? ». Non? Fine. Babaille.

Spécimen #2 : Août. On s’est rencontré à Pride, le dernier soir. On s’est frenché, pis refrenché pis refrenché encore. Comme des adolescents. On s’est vu le mardi suivant. Fort agréable. Le lendemain, il passait me voir au café. TOUT ALLAIT BIEN. J’avais l’impression d’être riche. Pis là, il est parti une semaine en voyage, il est revenu, m’a texté, c’était cute, il est reparti, une autre semaine, je l’ai texté, c’était cute, il est revenu et rien. Tout ce maintien en haleine pour fuck all. Faque je l’ai texté, gentil, avec une question qui sous-entendait « c’est le moment d’être honnête ». I have a crazy weekend and week coming. Me semble, oui. Le vin qu’il a laissé à la maison était même pas bon. Fucker.

On rigole, on rigole, mais je suis loin d’être chill avec ces situations. Quand je suis vraiment intéressé et que j’ai des signes probants de l’intérêt de l’autre, je deviens rapidement vulnérable. Je perds le contrôle de mon contrôle habituel et je deviens anxieux. Tout mon corps se met en mode « catastrophe annoncée ». J’ai envie de le revoir, je le dis, je me manifeste, mais on me dit aussi de jouer la game et ne pas rappeler/texter tout de suite, de me faire désirer, de faire l’indépendant i.e. de me crisser de l’autre. Fuis-moi et je te suivrai, suis-moi et je te fuirai. Dicton de MARDE. J’essaie, mais ça fait que je me mets en mode attente. Faque, contrôle perdu, je dors mal, j’ai chaud, j’ai pas faim, je suis incapable de me concentrer sur quoique ce soit, je refresh Instagram au 8 secondes, j’angoisse. Littéralement.

De l’ESTI d’MARDE.

Et là, j’en parle autour de moi. Je vide le sujet. Encore et encore. Sans doute pour essayer de mieux me comprendre moi-même, de trouver des solutions pour que ça ne se reproduise jamais. Les histoires se répètent, seuls les noms des personnages ont été modifiés. Pis tout le monde a son opinion. Sur le gars, la situation, moi. Certains pensent que je tombe amoureux de tout ce qui bouge. Je dirais plutôt que je m’intéresse beaucoup. Quand il y a des papillons d’impliqués, faut les laisser voler. D’autres me calment les nerfs avec raison et doigté. Personne ne comprend mon état. Moi non plus. Je les plains de m’écouter. Je me plains de réagir comme ça.

Pourtant, j’ai de l’expérience en dating (et en couple). Je devrais être capable d’arrêter de capoter pour les fuckers qui ne rappellent pas. Je devrais avoir compris que si c’est pas simple, c’est un big no-no.

Avec tout ça, j’ai aussi récemment réalisé que je suis super bien seul. J’adore passer du temps chez moi, dans mes affaires, regarder Netflix, flâner en bobettes, dormir seul, pêter fort, me réveiller seul, aller au resto seul. J’aime être avec moi-même. Pas d’obligation, pas de non-dit, pas d’incompréhension, pas de chicane. Je fais ce que je veux, quand je veux. BON-HEUR.

Mais présente-moi le 9e gars, beau, grand, intéressant et intéressé (un mégas crush, là), qui me raconte des belles affaires pis qui baise comme un dieu pis je suis tout chamboulé. Je suis prêt à donner, à recevoir, à apprendre à le connaître, à m’ouvrir aux possibilités. Ouvrir mon cœur tranquillement. Me semble que c’est normal. Me semble que c’est un peu ça, rencontrer. Sinon, à quoi bon l’essayer ? Je suis rendu là. Je me sens prêt. Pis là, je me dis que je devrais juste être moi-même. Ce serait le conseil que je donnerais à tout le monde. T’as envie de l’appeler, appelle-le. S’il aime pas ça, c’est que c’est pas le bon. Oser être imparfait et le montrer.

Il y a deux règles FONDAMENTALES : 1 / un gars intéressé rappelle et 2 / c’est supposé être simple. S’il ne rappelle pas et que c’est pas simple, c’est que c’est pas ça.

Écris ça quelque part.

C’est à ce moment précis que je me rappelle les douces rencontres que j’ai eu avec mes exs. La simplicité avec laquelle on s’est mis à marcher dans la même direction. L’intérêt, le respect, l’attention et l’affection qu’on se portait. C’était mutuel, simple et vrai. C’est ça que je veux. Pas rusher pour un sexy inconnu. C’est pas supposé faire mal.

Ça se peut que je sois rapide sur la gachette. Ça se peut. Je suis intense, tsé. On me l’a tellement répété. Mais ça se peut aussi que le gars qui va partager ma vie doive aimer ça. Je n’ai pas envie qu’on m’aime pour ce que je ne suis pas. Je ne jouerai pas de game. Si je suis intéressé, tu vas le savoir. Pis je vais être intense. Pis funné. Si je ne le suis pas, je vais essayer d’être clair. Et je ne serai pas le « back pocket choice » de PARSONNE. Je me dis ça d’même. Je me le répète souvent.

Vole maintenant, petit papillon.

Deux, c’est mieux

Aujourd’hui, ça fait 2 ans.

C’est donc le 8 septembre 2015 que je me lançais dans le vide professionnel, les yeux à demi-fermés, dans une aventure réfléchie, mais tellement incertaine. Avec mon baluchon d’idées, mes parents et mes amis pour m’encourager et me soutenir, j’ai ouvert La brume dans mes lunettes from scratch. Je n’avais jamais fait de café de ma sainte vie avant ce jour béni. C’est dire que c’est toute une victoire personnelle de fêter nos 2 ans.

Certes, ce n’est pas tous les jours facile, je vous en ai maintes fois parlé. J’ai abondamment écrit sur le sujet. J’en ai braillé une shot. J’en ai mal dormi. J’ai même failli claquer la porte (si c’est possible). Je me suis constamment remis en question. On s’est débrouillé pour trouver des solutions quand il n’y en avait juste pas. Je répète souvent qu’on s’est régulièrement retrouvé devant un mur blanc sans défaut ni texture (lisse, lisse, lisse) et qu’on a dû imaginer une suite positive. ESSAYE POUR WOUÈRE ! Ça creuse les méninges en esti. Pourtant, on a toujours fini par y arriver. Et ça s’est fait parfois en grattant les fonds de tiroirs à la maison, au travail et dans les loisirs.

Piiiiiis, on a travaillé fort, comme tout les entrepreneurs en démarrage, mais on a été aussi SUPER chanceux. On est rendu là pour toutes sortes de belles raisons dont les idées, le travail, le service à la clientèle, nos employés magiques, la rencontre de notre entremetteur-traiteur Épicurience qui nous a mis sur la map des grands événements, mais aussi parce qu’on a eu quelques précieux coups de pouce dont tous les articles parus sur différentes plateformes dont La Presse (électronique ET papier) et les 3 minutes et 6 secondes de La petite séduction qui ont à tout jamais changé le cours de notre histoire. On ne saura jamais assez remercier toutes ces belles étoiles filantes mises sur notre chemin.

On a été chanceux, mais on a aussi saisi notre chance.

Aussi, ma partner (pas môman, l’autre), plus terre à terre que moi, m’a forcé à rationaliser. Ma seule exigence était que personne ne s’en rende compte. Faire des économies où c’était possible sans diminuer la qualité. Un tour de force, parfois. Pis elle m’a aussi fait réaliser (avec raison, vous me direz) que les patrons d’une entreprise personnalisée comme la nôtre doivent être présents le plus souvent possible. Ok, mais pas au péril d’une certaine qualité de vie. On n’est pas devenus patrons pour redevenir des esclaves, tsé. Elle a compris. Donc, durant la dernière année, on a négocié l’équilibre et on y arrive tranquillement.

Pis môman m’a entendu chiâler et m’a remis à ma place avec classe au(x) moment(s) opportun(s). Y’a juste une mère qui peut faire ça ❤

Finalement, on s’efforce tous les jours de donner une âme à notre espace. On rit fort (trop parfois), on parle beaucoup (trop parfois), on dit des affaires qu’on ne devrait pas (on travaille là-dessus). Mais au final, le monde qui vient et qui revient, semble apprécier. En tout cas, on sait que ceux qui sont là souvent viennent un peu pour ça. C’est comme s’ils passaient du temps chez des amis. Ou du temps chez eux avec des amis. Enfin, on l’espère. La Brume a été pensée comme ça, en tout cas.

Et là, sans vouloir poisser (jinxer) la suite, en ce 8 septembre 2017, on peut dire qu’on sort enfin (un peu) la tête de l’eau. La partie est loin d’être gagnée, je ne vous le cacherai pas, la restauration est un domaine tellement variable et imprévisible (et l’équipement looooooin d’être fiable), mais on a atteint un certain rythme de croisière agréable et rassurant. Notre clientèle est fidèle et régulière et on a tout plein de nouveaux clients satisfaits qui finissent par revenir. La « machine » est rodée et pourrait presque fonctionner toute seule.

Si ça devait s’arrêter maintenant, je pourrais dire que je suis fier de ce qu’on a réalisé. Malgré les quelques revers et moments difficiles où j’ai eu envie d’accrocher mes patins (ou de les garrocher, c’est selon), je suis content d’être là et de faire ça. Je ne sais pas ce que je ferais d’autre de toute façon. Aussi bien ne pas avoir l’impression de travailler et d’avoir le satisfaisant sentiment de rendre le monde un peu plus heureux, un café à la fois.

L’amour ça fait pleurer

Semaine de la Fierté oblige, quelques coming out sont à l’affiche sur un Facebook près de chez vous.

Je viens d’ailleurs de voir le vidéo d’un youtubeur québécois dans lequel il annonce à ses fans qu’il est gay. À priori, pour ceux qui le connaissent, c’est une non nouvelle puisque tant de gens sont déjà au courant. Mais pour lui, de se mettre à nu devant ses abonnés, après des années de discrétion volontaire, c’était une grosse étape. Parce qu’il y a encore un risque. Un risque de rejet, de moqueries, d’homophobie. Et au moment où il l’a dit, il a pris une pause et ses yeux se sont remplis d’eau. Parce que, pour l’avoir vécu moi-même, avec l’immense ouverture d’esprit, l’accueil et la compréhension dont sait faire preuve ma famille, faire une telle « annonce » vient avec une trolley d’inquiétudes. Ça replonge dans tout le processus de réflexion amorcé souvent très très jeune, à un âge où on ne devrait jamais se sentir à part ou différent. Ça fait remonter à la surface des souvenirs surtout laids. Ça rappelle que c’est encore un obstacle au progrès pour certains et contre-nature pour d’autres. Ça met en lumière le possible rejet, l’abandon des loved ones. Ça rappelle qu’on s’est déjà fait traiter de fifs, qu’on s’est déjà senti féminin ou tomboy pour rien, qu’on s’est fait pointer du doigt pour avoir été fragile ou pas nécessairement à la hauteur de ce qu’un gars ou une fille devrait être.

Maudite hétéronormativité.

Pis ce matin, puisqu’on est dans le thème, j’en ai vu un autre où un jeune américain annonce à sa mère qu’il est gay. Et il pleure de peur, d’angoisse, de désespoir et elle, le cœur gros comme la Terre, lui répète que RIEN au monde ne pourrait l’empêcher de l’aimer tel qu’il est. On sait tous que ça devrait toujours être comme ça.

Reste qu’on a tous eu cette peur d’être rejeté. Par notre famille en premier lieu. Ceux avec qui l’amour devrait être inconditionnel nous apparaît incertain au moment de s’avouer. Viennent après les amis, qu’on espère compréhensifs et assez ouverts d’esprit pour nous accepter au-delà de cette « différence » qui au fond, ne regarde que nous et ne change en rien qui nous sommes. Puis, plus tard, au travail, la peur de perdre son emploi parce qu’on se dit gay ou lesbienne ou queer ou transgenre. Tout ça parce que le/la boss croit dur comme fer que les hommes aiment les femmes et font de bébés, point.

Pourquoi l’amour ça fait pleurer ?

Le youtubeur en question est en couple depuis deux ans. Avec un homme. Ils semblent s’aimer, ils doivent être heureux, leurs amis sont sans doute heureux pour eux, pourquoi cette impression d’avouer quelque chose d’inavouable ? Pourquoi cette peur ? Il me semble qu’avec tout le chemin parcouru, on ne devrait plus avoir peur. Le geste devrait être naturel : « tu en couple ? oui, je te présente mon chum ». Mais non. Comme il existe encore des white supremacists malgré l’horreur nazie, il existe encore des homophobes et autres phobies liées à l’orientation sexuelle.

Être gay au Québec en 2017 et l’avouer au monde entier peut encore sembler être un fardeau pour certains.

Pourtant, on est rendu loin dans la « normalisation » de l’homosexualité au Québec et au Canada. La célèbre phrase de Trudeau père qui faisait voter le projet de loi omnibus modifiant nombre de passages du code criminel en 1969 : « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation » était le début d’une longue (lente, mais certaine) série d’améliorations pour la communauté LGBTQ2.

Et où on en est aujourd’hui ? À continuer le combat, puisque c’est bien ce dont il s’agit. On se bat pour la liberté de ceux qui ne l’ont pas, contre l’exclusion en tous genres, contre la violence gratuite, contre la haine. Un festival de la Fierté ou Gay Pride ici et ailleurs dans le monde, dans les mégapoles ou dans les petites villes, sont autant de raisons de saluer la diversité et de faire comprendre aux haters qu’on existe et qu’on ne se cachera plus. On s’expose, parfois à outrance, juste pour ça. Parce que la différence EXISTE, que c’est BEAU et INSPIRANT et que tout le monde doit le savoir. On est heureux, on a des jobs, certains fondent des familles, on apporte quelque chose à la société, comme TOUT LE MONDE. Mais surtout, peu importe notre couleur, notre orientation sexuelle, nos choix, nos envies, on est tous HUMAINS.

Hier, au T-Dance du parc des Faubourgs, il y avait de tout. Il y avait même quelques familles hétérosexuelles avec des enfants en bas âge venus fêter la diversité ou simplement profiter de la musique et de l’ambiance. Ces parents-là, peu importe la raison de leur présence, vont faire grandir des enfants avec les yeux grands ouverts sur le monde et le cœur sur la main. Simplement parce qu’ils dansaient tout sourire sous les couleurs du drapeau arc-en-ciel. Et ça, ça ne peut être que le prélude à des jours encore meilleurs.

Un jour peut-être, toi et moi, on ne sera plus différent. Toi et moi, peu importe qui tu aimes, ce sera beau. Un jour peut-être,  les gens comme moi n’auront plus besoin de faire leur coming out et que l’amour ne fera plus pleurer.

 

Love & happiness

J’étais à la piscine récemment. La piscine Fullum, celle où y’a full tapettes. On y va pour prendre du soleil beaucoup, pour se baigner un peu, mais surtout pour zieuter les beaux messieurs qui se pavanent autour de la piscine. Le plus souvent, ils sont dotés de muscles (présents ou en devenir), de beaucoup d’attitude (utile ou inutile) ET d’un maillot fort avantageux (ou pas). C’est bin l’fun. On se fait regarder aussi. Pour se faire juger et/ou désirer et/ou les deux. C’est à la fois grisant et intimidant. Bref, ça coûte juste 5 piastres, on serait fou de s’en passer.

Faque j’ai croisé du monde que je connaissais. J’ai eu une discussion avec un ami sur les couples ouverts. Honnêtement, je ne sais plus trop quoi en penser. Quand j’ai fait mon coming out, l’idée même du couple ouvert m’apparaissait absurde. J’en connaissais quelques-uns pour qui c’était une réalité en apparence fonctionnelle, mais l’ensemble (en apparence toujours) me semblait plutôt fragile. Et la même question me revenait sans cesse en tête: pourquoi (mais genre POURQUOI?!??!) rester en couple, prétendre s’aimer, si on a besoin de sauter la clôture et le voisin aussi souvent ?

Ma question est légitime.

Ce qu’on nous a brainwashé, petits enfants occidentaux, ressemble plus au couple Walt Disney : Cendrillon pis le prince charmant. Euzes, ils se marient, vivent heureux et ont beaucoup d’enfants. Nulle part dans l’histoire ça dit qu’après un certain temps, dans beaucoup de cas, le couple s’accommode, fait des compromis à s’en pêter la tête su’é murs, se tape su’a d’jeule de temps en temps et se désire moins sur ♫ the long and winding road ♫. Dans ma tête de kid émerveillé par les belles affaires jusqu’au début de la trentaine toujours aussi émerveillé par les belles affaires, je pensais dur comme fer qu’une relation monogame, heureuse et passionnée était possible jusqu’à ce que la mort nous sépare. Ça arrive, je nous le souhaite tous, j’en ai croisé quelques-uns qui, de l’extérieur du moins, semblent jouir d’une symbiose déconcertante et d’un amour inconditionnel à faire envie. Ouverts ou pas (je précise).

Maintenant, plus près de la quarantaine (allô), j’entrevois la chose différemment. Je crois que malgré tous les efforts du monde, le couple éternel disparaît tranquillement (j’avais envie d’écrire « n’existe plus » haha). Les enfants, l’hypothèque entrecroisée (si, si), le chalet, le compte conjoint ET l’ouverture du couple m’apparaissent parfois comme des incitatifs pour s’accrocher plus longtemps (ou pour s’obliger plus longuement). Mais c’est peut-être aussi ça, « bâtir » une relation. Ça évolue. TOUT SE TRANSFORME. Ce sont peut-être les étapes « normales » d’un couple « normal ». C’est peut-être moi aussi qui ne comprend rien. Je ne sais pas, JE ME QUESTIONNE (sur tout, tout l’temps, même en dormant, you know). Je constate d’ailleurs que les couples ouverts ET verbaux ne me semblent pas tellement plus heureux que la moyenne. Parfois oui, mais souvent non (mon humble avis). On peut admettre cependant qu’ils doivent jouir d’une plus grande honnêteté entre eux et justement, jouir plus souvent.

Par contre, j’arrive de Provincetown, la gay city, où j’ai croisé un char pis une barge de couples fifs MARIÉS avec ENFANTS. Le même monde qu’on croisait à la plage avec leu’ zenfants, se retrouvaient au Boat Slip pour le 5@7 (19h tapantes, pas une minute de plus), à la A House (jusqu’à 1h du mat’) et au Spiritus (le last call pour le booty call). Un de ceuze-là a même affirmé « we have a nanny 24/7 and it worths every penny« . Fair enough. Pourquoi pas. Genre, de kessé que j’ai à me questionner là-dessus. Z’ont de l’argent, des enfants, sont mariés pis ils ont envie de faire la fête, why not?!

C’est à eux les oreilles.

Me suis fait dire par mes amis plusse vieux que j’étais conservateur dans ma manière de voir le couple. Sans doute parce que je n’ai pas arrêté d’en parler et que visiblement, ça créait un tourbillon de pensées contradictoires. Je sais pas man, moué, mes parents ne faisaient pas la fête jusqu’à la fermeture des bars ET ne flirtaient pas avec des zinconnus rencontrés sur la rue (enfin, je ne le sais pas, mais je suppose que non…MÔMAN?!). Maaaaaaiiiiiis, après avoir mijoté tout ça, peut-être auraient-ils aimé en avoir la possibilité. Peut-être, je dis bien PEUT-ÊTRE, que c’est le secret d’un meilleur bonheur ou d’un bonheur plus sain. Y’a personne à part Dieu-l’imposteur qui a dit oui à la monogamie. C’est toute de sa faute si ça existe. Si tout est fait dans le respect, avec franchise, d’égal à égal, sans cachette, que chacun y trouve son compte, ok, je me dis.

Tout est dans ma balance pis je suis pas mal ouvert à tout. Je sais que certaines situations vécues par le passé au sein de certaines de mes idylles ne me rendaient pas confortable. Est-ce que c’était moi, mes valeurs, mon manque de confiance en moi, l’autre, son comportement, mon niveau de confiance en lui et/ou en ses sentiments? Tout est une question de perception et de perspective je crois bien. Il y a matière à travail.

J’écris pour écrire, mais tout ce qui précède ne signifie pas que le couple ouvert sera plus éternel que celui qu’on connaît plus formel, mais peut-être qu’il se donnera le plus de chance possible de l’être.

On jase, là.

L’effort de la liberté

Allo. Ça fait un bout de temps. J’ai convenu avec moi-même de ralentir les écrits pour éviter de me répéter. Parce que tsé, ma vie depuis La Brume, ça rime pas mal toujours au même. Cela étant, j’ai eu quelques réflexions récemment dont j’avais envie de vous faire part. En voici une (autre).

Dimanche dernier, je suis allé bruncher avec un type devenu ami que j’ai connu au café. Un chic type qui traverse une passe vraiment pas facile. J’ai failli annulé, comme je l’ai fait si souvent récemment. Avec lui, avec d’autres, avec pas mal de monde. Ça ne me tentait pas. De quoi, c’est pas toujours clair, mais j’avais plus ou moins envie de parler pour parler. Mais j’ai pas annulé et j’y suis allé. Ça m’a fait du bien.

C’est un détail vous me direz, mais pour en avoir discuté avec ma partner, on a un peu l’impression d’être négatifs quand on voit du monde. Faque on annule pis on se cache dans nos maisons. En fait, on l’est un peu sans le vouloir, parce qu’on parle souvent de ce qui se passe au quotidien et ça revient un peu toujours à faire revivre les quelques frustrations qui vont et viennent. On a du fun tout plein, on aime ce qu’on fait, on ne ferait rien d’autre (en tout cas, pas en ce moment), mais ce qui ressort régulièrement ce sont les trucs qui gossent comme l’argent, la gestion du personnel et l’équipement qui pète (bis). Et voir du monde, à l’extérieur de notre sphère un peu trop étanche, ça signifie parler de notre job au moins un peu. Donc d’être possiblement négatifs.

J’ai pas envie d’être négatif.

Donc, dans les derniers mois, j’ai refusé / annulé tout plein de rendez-vous avec des amis proches et moins proches surtout dans l’expectative de devoir répondre à la câlice de question « comment ça va au café? ». C’est fin, ça veut dire qu’ils s’intéressent, que ça leur importe, mais ça m’oblige à parler de la seule chose qui occupe ma vie et dont je n’ai pas vraiment envie de parler parce que j’en parle tout l’temps : MA JOB. En plus, j’ai beau expliquer le pourquoi du comment, la majorité des gens ne peuvent qu’imaginer la marde dans laquelle on patauge parfois. Pis je dois don’ avoir l’air exagéré (je le suis, tiens toi le pour dit). Bref, je n’ai plus de repères professionnels avec les amis comme j’en avais avant. Ça reste que ça isole un peu, l’entreprenariat : horaires atypiques, manque de moyens financiers pour suivre le groupe dans ses aventures, redondance des sujets de conversation, problèmes vécus au quotidien difficiles à cerner, petites victoires difficiles à mesurer.

Je vends toujours bin yinke du criss de café.

Par contre, si on se croise dans un bar, sur la rue, au repos ou dans les loisirs (♬♪ une Mars aide à vous soutenir ♪♬), ça se peut que j’en parle, mais ça viendra naturellement. Je n’aurai pas cette pression du tête-à-tête-parle-moi-de-toi-ça-fait-longtemps-qu’on-s’est-vu. Et cette fâcheuse impression de lourdeur.

C’est l’idée de « devoir » en parler qui m’effraie. Ça peut paraître niaiseux parce qu’on sait tous que je finis toujours par en parler, mais c’est pas pareil. C’est moi qui « décide ». Pis généralement, j’essaie de ne pas le faire trop longtemps parce que je sais que radote.

Je sais que je vais finir par revenir à la raison. Peut-être pas tout de suite et peut-être pas avec tout ceux que j’ai un peu malgré moi repoussés / négligés, mais au moins avec certains d’entre eux. Un tinami à la fois. J’ai envie de ne plus être pris dans ma tête d’entrepreneur pauvre, angoissé et fatigué. Avant tout ça, j’avais un horaire de premier ministre. J’allais et venais dans toutes sortes de soirées. J’entassais le monde autour de ma table pour faire la fête. Là, sans revenir à ce brouhaha parfois étourdissant de jadis, j’ai envie de voir un peu plus de monde, du beau et bon monde, du monde souriant pis de les entendre me raconter leurs affaires drôles pas drôles. Pis en rencontrer du nouveau. Un peu. Juste pour dire que je tourne pas trop autour de mon pot.

Je les aime tous ces gens dont je refuse les invitations. Je les aime d’amour souvent. Je ne suis juste pas encore tout à fait prêt. Le temps et les circonstances nous ont un peu beaucoup éloigné et je ne feel pas encore l’idée du catch up. Parce que se revoir après autant de temps équivaut à récapituler le temps passé. Pis ça me tente moyen. J’ai aussi espoir que beaucoup de ses « retrouvailles » se feront un peu par hasard, ici et là.

Ça s’rait l’fun.

En ce moment, c’est souvent plus simple de niaiser sur mon sofa devant un épisode ô combien exagéré et pas crédible de Homeland, mais je me promets d’accepter une petite invitation par-ci, par-là. Même si à priori, sur le coup, je risque de ne pas en avoir envie. CHANGE D’AIR, ESTI.

Je sais que tout ce que j’ai à faire, c’est de répéter l’expérience de dimanche dernier : faire un effort. Parce qu’à force de ne pas en faire, on finit par ne plus en faire du tout. Et que comme dirait l’autre : « l’effort librement consenti rend libre ».

YOLO.

 

De fil en aiguille

Encore une histoire de job. Une triste, un peu.

Notre voisine de commerce, Michelle, vient de nous annoncer qu’elle jetait l’éponge. Après cinq années d’espoir, d’idées, de sacrifices, d’énormément de travail, elle a décidé de fermer boutique. For good, qu’elle dit. Elle semblait sereine. Elle était d’un calme olympien quand elle nous l’a annoncé. Souriante pis tute. Sa décision a été réfléchie, murie, retournée dans tous les sens. Parce que mettre un terme à un rêve tenu à bout de bras pendant aussi longtemps, ça demande BEAUCOUP de réflexion. Et de temps.

Je ne le répèterai jamais assez : être entrepreneur, c’est ultra valorisant, c’est grisant même, mais c’est aussi super duper insécurisant. À moins d’avoir choisi un domaine automatiquement rentable. Et encore. On a une cliente avocate qui, après deux ans de pratique, mange encore ses bas (c’est presque littéral). Une entreprise, ça reste toujours insécurisant à certains égards. Les comptes n’arrêtent jamais de remplir la boite à lettres. C’est la même chose qu’à la maison avec des montants multipliés par 10. Quand ça va bien, tu bûches pour que ça continue pis quand ça va mal, tu bûches pour que ça change. Esti.

Ce sont les maudits sacrifices qui n’en finissent plus qui gossent. Et la solitude. D’ailleurs, elle nous a dit que c’est ce qu’elle avait trouvé le plus difficile ces cinq dernières années. Les sacrifices et la solitude. Se retrouver seule dans sa boutique. 60% du temps. Et le fait de ne pas être capable de se payer un minimum et de profiter un tant soit peu de la vie. Elle a, fort heureusement, une copine adorable et moralement solide qui la supporte à fond depuis le début. Comme un phare qui la guide la nuit. Mais un man’né, ça ne suffit plus. Vient un temps où l’entrepreneur dévoué a besoin, comme tout le monde, d’un peu de récompense. Et quand la récompense ne vient jamais, le sourire des clients ne donne plus assez de gaz pour continuer.

On en a souvent parlé elle et moi. Sur le trottoir. Dans sa boutique. Dans notre « backstore ». Sous un soleil de plomb ou sous la pluie. Toujours avec le même degré de compréhension et d’ouverture. De l’affection même. C’est comme une collègue de travail, au fond. Pas le même domaine, mais les mêmes issues. On s’est souvent dit qu’on avait un deadline. Le mien est plus loin que le sien, évidemment, mais elle avait déjà quelques années et des poussières derrière la cravate. Chaque fois, je lui disais : « Tu pourras toujours dire que t’es allée au bout de ton idée. Tu l’as fait pis t’as tout donné. » Comme chaque entrepreneur.

Quand on nous parle de notre commerce, on nous dit souvent : « ça va bin vos affaires, c’est toujours plein! ». Et je réponds souvent qu’on est chanceux. Parce que derrière chaque entreprise, il y a évidemment beaucoup de travail et de décisions – bonnes ou mauvaises – mais il y a aussi beaucoup beaucoup de chance. Parce que chaque idée a le potentiel de fleurir. Ça dépend souvent juste du terreau. Parfois, la terre est pas fertile. T’as beau arroser, y’a rien qui va pousser.

Ce qui m’a le plus secoué de sa nouvelle, c’est la réaction de ma partner. Elle pleurait. Parce qu’on perd une voisine exceptionnelle, une fellow entrepreneure devenue amie. Pis parce qu’elle a réalisé que no matter what, c’est pas toujours toi qui décide de la finalité de ton aventure. Oui, mais non. Les circonstances le font souvent beaucoup à ta place. La réalité te rattrape et te fouette. Ça m’a bouleversé de la voir comme ça. Parce tous les jours tu pries l’Univers pour que ça finisse par rouler rondement. Mais pour certains, comme pour Michelle, malgré tous les efforts et toutes les incantations, de fil en aiguille, ça ne fonctionne pas.

Meh.

Good luck, gorgeous! You’ve done your best. You are the best. Take that well-deserved break and ENJOY life. You know, the one with money 😉

De la fonte et des hommes

Récemment, suite à quelques séances de gonflette dans un environnement hostile et douchebags oriented, j’ai eu envie d’exprimer haut et fort mes recommandations pour le gars-qui-passe-sa-vie-au-gym, le gym queen par excellence qui s’entraîne fort avant les vacances, celui un peu trop bruyant et vocal, celui qui veut qu’on sache qu’il existe et qu’il force pour la peine, celui que tout le monde a déjà croisé ici et là, au gré des poids.

En cette ère d’individualisme chronique, ode à toi, douchebag de fond de gym.

[1] Si t’es pas capable de retenir la colonne de poids de ta machine à la fin de ton exercice c’est peut-être que c’est trop lourd pour toi. En fait, c’est clairement trop lourd pour toi. Tu sais qu’un exercice bien réalisé est généralement contrôlé du début à la fin, oui? Si t’as mis le bon poids pour toi, évidemment. Pis les guides sur lesquels glissent les plaques de fonte sont un peu faits pour ne pas que tu les garoches dans tous les sens. C’est logique, il me semble. Donc, le bruit du métal qui claque quand tu les laisses nonchalamment tomber comme s’il n’y avait pas de lendemain fait sursauter tout l’monde et ça me rend généreusement agressif. C’est désagréable. C’est plate que tu ne t’en rendes pas compte et que tu continues, inlassablement. Pis tsé, c’est pas parce que tu fais beaucoup de bruit au gym que ça va te donner plus de muscles. C’est pas une cause à effet. Pis ton air suffisant suite à ton crime (oui, c’est un crime) te donne juste l’air un peu plus con. Tu comprends, dis?

[2] Tu n’es pas dans ton salon, chez tes chums ou dans un bar. Toué avec tes gym queens de bums, tu parles fort, tu ris fort, et tu le fais souvent d’un bout à l’autre de la pièce comme s’il n’y avait personne. Tu déranges tout l’monde et ce que tu dis est pas intéressant pour personne. Pas du tout, en fait. T’es même pas drôle. Et c’est pas parce que tu ris ridiculement fort que ça le devient. BAISSE LE TON.

[3] Prendre trois serviettes pour réserver trois machines et/ou bancs simultanément pendant tu fais TON programme est l’antithèse du partage et de la vie en communauté. Faire de l’attitude parce qu’un confrère outrepasse ton planning de marde rend ton comportement un brin plus ridicule. C’est toi qui es dans le tort, sache-le. Offre gentiment de partager l’espace-qui-appartient-à-tout-le-monde pis tute va bien aller. Si au moins il y avait chez toi l’ombre d’un changement corporel depuis le temps que tu gosses – tu dois être là TOUS les fucking jours – ça pourrait être un peu (je dis bien UN PEU) acceptable. Mais non, tu ne changes pas, ce ne l’est donc pas.

[4] Une ceinture lombaire aide à la performance, à réduire la tension sur la colonne vertébrale et à améliorer les mouvements pour ceux qui lèvent BEAUCOUP de poids. Ceux qui s’adonnent à l’haltérophilie, en l’occurence, pas à la gonflette d’apparat comme toi. À la quantité de poids que tu NE mets PAS sur ta barre, elle n’est peut-être pas nécessaire. À moins que tu ne souhaites que l’on constate ton égo démesuré. Tu connais le complexe de Napoléon? Va lire là-dessus, c’est intéressant. À voir ta shape qui ne change pas d’un iota, toi qui s’entraînes jour après jour, c’est d’un entraîneur dont t’as besoin, pas d’une ceinture lombaire. Pis si t’as des problèmes de dos, un physio pourrait t’être vraiment utile. Une pause de gym aussi.

[5] Apprends à communiquer avec des mots et des phrases complètes. Si je te pose une question simple comme « est-ce qu’on peut alterner? », tu peux répondre simplement sans me dévisager ou me donner l’impression que j’ai tué ta mère. Tu peux dire « oui » ou « non » dans la langue de ton choix. Ça demeure une réponse acceptable, même sans verbe et complément. Un grognement n’est pas une phrase et un air bête n’est pas une réponse. Aussi, ENLÈVE tes écouteurs quand quelqu’un te parle au lieu de faire répéter trois fois et de faire passer ton interlocuteur pour l’idiot du village. L’idiot de la planète, c’est toi et t’es pas poli.

[6] Faire douze séries sur la même machine, à l’heure de pointe, c’est pas super. J’ai envie de l’utiliser moi aussi. Raisonnablement. Un peu. Pour un programme NORMAL. Oui, j’ai vu, il y en a deux autres similaires plus loin, mais c’est « la tienne » que je veux. Je l’aime, elle. Si tu veux, toi et tes interminables séries de programme-pas-de-bon-sens, monopolise-les, les autres machines. Pendant que tu gosses là-bas, moi pis mes amis-qui-poussent-de-la-fonte-en-commaunauté-de-partage, on va pouvoir continuer notre entraînement et faire autre chose de notre vie rapidement.

[7] Change d’air, esti. T’as l’air bête et ridiculement au-dessus de tes affaires. T’es au gym, pas en commission parlementaire. Ton air de bœuf ne te rend pas plus viril. T’as juste l’air suffisant et c’est pas une qualité.

[8] Tu ne paies pas plus cher que moi, on est sur le même pied d’égalité, BEHAVE.

[9] Je veux PAS être ton ami, ok?

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À bien y penser, les points 1, 2, 3, 5, 7 et 8 peuvent aussi s’appliquer aux usagers de la STM. Avec légère modification.

Heureux d’un printemps

J’ai couru 8km hier. Une première course depuis septembre. Faisait beau, plus chaud que les 18 dernières semaines, j’avais le vent dans les jambes. Après une semaine de déluge glacial (avouez qu’on ne pensait ne jamais s’en sortir), ça m’a fait le plus grand bien, même hangover, tsé. Courir, comme faire du vélo la nuit, c’est un de mes moments préférés pour décrocher et mettre mes idées en place. Here we go again.

J’ai ressenti, depuis quelque temps, un intense besoin de vivre (ou de vivre dans le déni, c’est selon). Une rage qui m’empêchait de me cloîtrer chez moi les fins de semaine. J’avais besoin de sortir, même seul. Pour voir du monde. Pour me faire regarder. Me sentir vivant et séduisant. Penser à autre chose. Oublier le quotidien un peu. Les problèmes et l’absence de solutions, parfois. Juste prendre une bouffée de vie. J’ai donc convenu avec moi-même que j’avais le droit de faire tout ça pour ces raisons-là. Au nom d’un certain équilibre mental.

Pas nécessairement, mais plus souvent qu’autrement, j’ai opté pour des lieux de mauvaise vie. Pour m’enivrer un peu. Parce que l’effet de l’alcool sur l’âme, sur le coup, c’est agréable. Ça allège. Ça soulage. Ça banalise. Malgré la tête lourde et les bouffées de chaleur du lendemain. Puis, l’heure de fermeture arrivée, je rentrais chez moi seul, de préférence. Toujours debout, avec la majorité de mes facultés, juste pas assez pour conduire la voiture que je n’ai pas. Le taxi est une invention formidable dans ces circonstances. Même pas besoin de parler, juste de payer. Supercalifragilistique.

Je ne suis pas nécessairement sorti pour rencontrer. Peut-être qu’il y a eu, au fond de mon coeur, une petite lueur d’espoir, mais pas tant. Pourquoi, de toute façon, aurais-je voulu faire entrer quelqu’un dans ma vie un peu désordonnée de l’hiver qui vient de fondre et ne pas être capable de lui offrir ce qu’il mérite de mieux et moi-même en profiter? Quand j’ai eu envie d’affection, j’ai su où aller en chercher. J’avais juste envie de sentir qu’il y avait quelqu’un pas loin, que je n’étais pas seul, sans baiser. Il y a parfois eu plus, mais pour pas tant de fun et d’agrément, finalement. J’aime pas trop les one nights. Je n’avais souvent pas envie de ça, avec ces gars-là, à ces moments-là. J’avais un mini doute, j’ai tout de même procédé, mais j’aurais dû m’abstenir. En fait, j’ai envie que le vrai prochain, peu importe quand, qu’il soit là pour les bonnes raisons et que ce soit fait un peu fait de la bonne façon. Mettons que si je pouvais NE PAS le rencontrer sur Tinder, METTONS, ça pourrait être amusant. Je ne ferme aucune porte, cependant.

Donc, comme mentionné dans un précédent article, j’ai récemment manqué du coup d’pied dans l’cul nécessaire pour bin des affaires. Pour discuter abondamment et à tous vents, pour ouvrir mon coeur, pour partager mon quotidien un peu dull, pour régler des différends, pour entretenir plus de relations que je n’en ai déjà, pour les situations délicates et/ou sensibles. Maaaaaaaaaaaais, qu’à cela ne tienne, tout ce repli sur soi hivernal, ponctuel et désagréable semble tirer à sa fin. Du moins, pour certaines facettes de mon existence. Je fais plus d’activités valorisantes (j’ai commencé le ménage du printemps de mon appartement et un peu de jardinage de maison. C’est beau une plante qui pousse, qu’est-ce que tu veux que j’te dise). Je suis plus ouvert à discuter et même possiblement à rencontrer si la personne me fait sincèrement capoter (un gars qui sait frencher est un esti de bon prospect). Je suis aussi plus raisonnable dans mes sorties de mauvaise vie i.e. j’ai moins envie de sortir pour les raisons sus-mentionnées et plus pour avoir du fun bien entouré.

Avec tout ça, j’ai l’intention d’être plus réfléchi pour les prochaines étapes :

1. C’est bientôt l’été. Pas besoin de vouloir se matcher à tout prix avant le solstice. Pas besoin de vouloir se matcher du tout, en fait. Laisser le temps faire les choses et savoir saisir les opportunités. Le temps sait si bien faire les choses. Et je sais si bien saisir les opportunités :p

2. Ne pas se garocher dans les bras de n’importe qui pour un peu d’affection. Mieux vaut se réveiller seul que mal accompagné et devoir inventer une excuse boboche pour qu’il s’éclipse ou pire, avoir du sexe pour s’en débarrasser (aye, pas de jugement, on l’a tous un peu fait).

3. Rencontrer quelqu’un, ok, mais no way que ça peut tout chambouler dans mon quotidien du jour au lendemain. D’abord, ça ne peut juste pas arriver, j’ai bin trop d’affaires à gérer. Ensuite, il y a moyen de le faire plus sainement que par le passé. Être plu sain. OH. MY. GOD.

4. Il faut que soit SIMPLE sans être simpliste.

5. Be the best version of yourself, tsé. Faire du sport, penser à moi, me faire plaisir, rayonner, resplendir et sourire. Kin toé.

C’est tu pas un bel été en perspective, ça?

Mieux vaut s’abstenir

L’hiver tire à sa fin. Il a été difficile, comme toujours. Tout le monde en a plein son casque, comme toujours. Le manque de lumière, de chaleur, la nuit qui tombe après le chant du coq, ce n’est rien pour pour aider les photosensibles que nous sommes à garder le moral. Bref, l’hiver a été difficile et tire à sa fin. ENFIN!

Toujours est-il que j’ai eu le temps de réfléchir. Mon sport préféré.

Je fréquentais quelqu’un et l’histoire s’est terminée en février, comme vous le savez. Je n’ai pas vécu la chose comme les autres fois, mais je ne l’ai pas moins ressentie. J’ai eu de la peine, je me suis remis en question, je le fais encore. Mais je dors bien. Possiblement parce que je me suis respecté dans la décision. La situation ne me convenait pas, j’ai tiré sua’ plogue. Cela étant, ça ne signifie pas que c’est simple et/ou toujours facile. Cependant, cette situation en particulier a mis en lumière d’autres situations déchirantes.

Donc, à tout cela, s’est ajouté quelques « ruptures » amicales constatées. Sans dire que ces relations sont terminées, on s’est éloigné, perdu de vue, désintéressé, un peu malgré. À cause des décisions des uns, de certaines réactions des autres, de la chimie, de certains virages, de la vie. Juste la vie. C’est rarement un long fleuve tranquille. Des bouts de notre amitié se sont un peu effrités, elle s’est mutée, on a changé. Puis, là, on ne se voit jamais ou presque, on ne se parle jamais ou presque et personnellement, je ne fais pas trop d’efforts pour prendre les devants. Le truc, c’est que j’en suis rendu là : je n’ai plus envie de faire d’efforts. Pas qu’ils ne le méritent pas. Certaines de ces amitiés existent depuis plusieurs années, voire une décénie. Sauf que moi aussi, j’ai changé. J’appréhende les autres et qui je suis d’une manière un peu différente. Tout a tellement changé dans mon quotidien que c’est impossible que ça n’affecte pas mon Moi.

Donc, virgule, une situation m’a déplue, je l’ai adressée aux personnes concernées et je me suis retiré. Volontairement. Sans fracas. Sans drame. Sans rien. Je n’ai plus d’énergie pour gérer les situations potentiellement conflictuelles et/ou trop émotives. Plus d’énergie ou d’intérêt. Je suis à la recherche de calme, de sérénité, de paix. Je fuis intentionnellement les discussions trop sérieuses portant sur les relations entre humains. C’est compliqué, un humain. Parce que parfois, on ne se comprend juste pas. Et que ça ne sert à rien de pousser le bouchon. Mieux vaut passer GO tout seul, mais heureux.

Un jour, une vieille personne homosexuelle inconnue rencontrée dans un bar m’avait exposé sa vision des relations humaines. Après quelques minutes seulement, il m’avait sizé. Surprenamment. Il avançait qu’il préférait mourir incompris que de passer sa vie à s’expliquer. Wise. Clever. Indeed. Je ne comprenais pas à l’époque (j’ai maintenant le droit, à 36 ans, d’utiliser le mot « époque »), mais je comprends mieux maintenant. J’ai tellement écrit/parlé pour m’expliquer, qu’on me comprenne, en pesant mes mots, en choisissant le moment, la forme, le ton, en vidant mon coeur sur la table, en vomissant mes pensées. Parfois devant des gens qui n’écoutaient pas ou qui regardaient déjà ailleurs. Je me suis tellement époumoné pour qu’on me comprenne. Parfois pour rien. Souvent même, si on considère que beaucoup de ces personnes ne sont possiblement plus là depuis longtemps.

Pis là, je réalise que c’est bin correct d’être incompris, de ne pas toujours comprendre les autres et que tout est une question de perception et de perspective. Constat #3490.

Mon choix donc, l’abstention. Ce n’est pas de l’évitement. C’est le choix conscient et assumé de ne pas m’impliquer dans des relations que je considère trop compliquées ou sensibles ou toxiques ou l’ensemble de ces réponses.

Rien ne dit qu’on ne se recroisera pas sur ce chemin au long cours, mais pour le moment, on a pris des chemins plus ou moins compatibles. Chacun ses choix, ses bonheurs, sa route. Je suis heureux pour eux, je le suis pour moi. Peut-être le sont-ils pour moi aussi. Sans doute.

Pour le moment, j’ai mes propres shits à gérer. Je me concentre sur mon p’tit bonheur de chemin plutôt que sur celui des autres. La vie est remplie de surprises. Et je suis persuadé que je serai surpris.